Vie d’entrepreneure : ce n’est pas une période facile

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Ce matin, j’ai eu envie d’écrire. J’étais à la recherche de n’importe quelle solution qui me ferait aller mieux. Dans les prochaines semaines, je vais être très occupée à préparer le terrain pour les fleurs et à démarrer des centaines de semis. Mais pour l’instant, mes jardins sont encore gelés et recouverts à moitié d’une couche très sale de neige. J’ai quelques semis à m’occuper, mais si peu; il ne faut pas les préparer trop tôt au risque qu’ils s’affaiblissent à l’intérieur avant la bonne date de plantation.

Alors je dois faire face à mes inquiétudes. Même si on clame partout « Ça va bien aller » avec des messages d’espoir remplis de licornes et d’arc-en-ciel, personne n’a aucune idée de ce qui va se passer et comment la situation va évoluer.

Et je dois vous avouer, je suis morte de peur.

Je ne suis pas à plaindre. Je suis à la campagne. Mon confinement, je le vis avec mon amoureux dans les bois et les champs. J’ai un chien qui me donne beaucoup d’amour et des poules qui me nourrissent. Rien à voir avec une isolation forcée dans un petit appartement citadin.

Mais, j’ai peur quand même.

Et puis, je me raisonne. Je me dis que les gens auront toujours besoin de fleurs pour se remonter le moral. Que les gens vont continuer à se marier parce que l’amour restera toujours ce qui nous fait tenir en vie.

Sauf que ce n’est pas toujours facile de garder espoir. D’être plus forte. De continuer à se battre.

Je rafraichis constamment le site de La Presse. Je me nourris de nouvelles de plus en plus mauvaises. Je me gave d’informations qui changent toutes les deux minutes.

C’est tentant de s’écraser dans le canapé, de figer et d’attendre que ça passe.

Je ne l’ai pas raconté à l’époque. Pendant le temps des Fêtes, j’ai eu un solide accident d’auto. Perte totale de la voiture. J’ai plané pendant quelques secondes avant d’atterrir dans un petit arbre dans un fossé. J’ai voulu éviter un chevreuil; il faisait -30 degrés et la route était glacée. La voiture a dérapé. Pendant quelques secondes, j’ai cru que c’était terminé.

Je m’en suis sortie bien avec seulement une entorse cervicale. Si vous voyiez l’état de l’auto, vous ne comprendriez pas pourquoi je n’ai pas été plus blessée. Un miracle. Le moteur est sorti de l’habitacle. Les vitres ont éclaté et le pare-chocs s’est écrabouillé.

Pourquoi je vous raconte tout ça? Parce que même si je m’en suis sortie indemne, j’ai gardé des séquelles psychologiques. J’ai été incapable de prendre le volant pendant 3 mois. Impossible. J’avais des crises de panique incontrôlables chaque fois que je montais sur le siège du chauffeur. Je revivais constamment l’accident. Des flashs constants. Ça a été très pénible. Très épuisant. J’ai travaillé très fort à aller mieux. Ma médecin de famille m’a beaucoup aidée.

Alors, juste quand je recommençais à aller mieux, cette crise sans précédent nous tombe dessus. Dure année pour l’état mental.

Chaque jour est une histoire différente.

Je vais bien, ne vous inquiétez pas. Seulement, desfois, il y a comme un trop-plein d’émotions. Impuissance. Frustration. Peur. Tristesse.

Puis, après, je pense à toutes les fleurs qui s’en viennent. Et je suis excitée et optimiste que tout va bien aller. Parce que c’est beau de vivre sa passion et j’en suis consciente. Je sais qu’on va s’en sortir. Et j’ai bon espoir que les gens vont sortir de cette crise avec une envie de mieux consommer. Plus local. Plus écoresponsable. Plus naturel. Alors je serai là avec mes fleurs.

Bon courage à tous. Ne gardez pas en vous vos émotions. Partagez-les.

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