Vie d’entrepreneure : Bilan de la saison 2019

entrepreneure alex à la campagne bilan

J’ai cueilli mes dernières fleurs la semaine dernière, sous la pluie, alors que le vent balayait dans un tourbillon toutes les feuilles colorées. Je me suis demandée ou étaient passés ces derniers mois. Déjà la fin de la saison 2019 et pourtant, j’ai l’impression qu’elle vient à peine de commencer! En même temps, j’ai vécu tant d’expériences et tant d’émotions qu’on dirait que plusieurs années se sont déroulées en une. Surtout quand je pense à la petite femme innocente que j’étais au début du printemps et à tout ce que j’ai appris. Il y a eu beaucoup de positif. Beaucoup de beauté, de bonheur et de réalisations. Mais également de grands moments de tristesse, de doute et d’incompréhension.

Aujourd’hui, j’ai eu envie de m’ouvrir un peu plus sur cette première année d’Alex à la campagne. J’ai voulu vous partager davantage que de belles photos Instagram et Facebook. Je tente de vous raconter la réalité derrière mon entreprise.

Une première année d’entreprise qui a failli ne pas avoir lieu

L’été a été fabuleux. Jamais je n’aurais pu rêver à plus de succès pour une première année. Il faut que j’avoue que cette première saison a failli ne pas avoir lieu. Depuis plus d’un an, je me demandais si je retournais à l’école étudier en horticulture ou fleuristerie. Finalement, pour plusieurs raisons, j’ai décidé de laisser tomber l’école.

Ma deuxième option restait d’aller travailler au sein d’une autre entreprise pour apprendre. À la fin de l’hiver, j’ai donc envoyé mon CV à des fleuristes et à des serres de la région. Aucun fleuriste n’a répondu. Une serre m’a embauchée. J’avais accepté leur offre. J’allais travailler 40h par semaine avec eux pour apprendre la culture et l’entretien des fleurs. Finalement, après plusieurs heures de discussion avec mon copain, j’ai encore changé d’avis.

Je me suis fait confiance.

Au même salaire que la serre comptait me payer, je pouvais tomber à temps partiel en rédaction et prendre les jours restants de la semaine pour démarrer mon entreprise.

Tout un changement de perspective. Je doute de moi depuis toujours, dans tous les domaines de la vie. Je n’ai jamais l’impression d’être à la hauteur. Pas facile à avouer. Ce n’est pas quelque chose dont je suis fière. Mais c’est essentiel de le savoir pour comprendre ce que je ressens après cet été.

Je me suis fait confiance. Et ça a fonctionné.

C’était risqué. Car ça voulait quand même dire que mon salaire diminuait de moitié. Il fallait que mes affaires marchent pour compenser. C’est quelque chose dont on parle rarement sur le web : le salaire des premières années d’entrepreneuriat. Souvent, on a l’impression que les entrepreneurs qui réussissent gagnent tout de suite l’équivalent d’un salaire à temps plein. Par contre, on oublie que la plupart ont encore une job à temps partiel à côté pour débuter ou alors, ont gagné une bourse, une subvention ou un prêt pour y parvenir. Bref, pas toujours facile au début! De mon côté, ce n’était pas aisé de mixer les deux métiers. Trois jours par semaine, je devais travailler sur d’autres projets de rédaction alors que j’avais des fleurs plein la tête. D’ailleurs, celles-ci n’attendent pas le jeudi pour avoir besoin de moi. Alors, le soir, en rentrant de l’autre job, je devais aller dans le jardin, m’en occuper, les cueillir, en faire des photos ou livrer les bouquets commandés.

La panique de ne pas réussir

C’est cliché, mais tellement vrai : l’entrepreneuriat, c’est une montagne russe d’émotions. On passe des sensations de fierté et d’enthousiasme à celles de déception et de pessimisme en moins de 24h. Il suffit d’un petit détail pour déclencher le changement.

Et puis, comme on y met beaucoup du sien, on fait de tout une affaire plus personnelle.

Les grands bonheurs de la saison :

  • Livrer des bouquets à des gens qui ne s’y attendaient pas et voir leur visage s’illuminer en ouvrant la porte
  • Fleurir des mariages et rencontrer des couples si amoureux
  • Sympathiser avec d’autres entrepreneurs de la région. Que des gens inspirants!
  • Tous les beaux commentaires et l’amour reçus par les abonnés sur les médias sociaux
  • S’émerveiller sur chaque fleur qui s’ouvre dans le jardin
  • Donner le plus de fleurs possible à ma maman et mes amis
  • M’impliquer au sein de ma ville
  • Voir que les gens me font confiance et me laissent créer au gré de mes inspirations

Les grandes déceptions de la saison :

  • Ne pas avoir compris que la mode est aux fleurs blanches et claires et en manquer dans mon jardin
  • Se rendre compte qu’il y a une mode dans les fleurs. Moi qui pensais que toutes les fleurs étaient magnifiques! 😉
  • Revenir des marchés locaux du samedi avec beaucoup de trop de fleurs invendues – je pourrais en parler longtemps de ce point, mais les marchés, ce n’est plus pour moi. Cela ne correspond pas au style de mon entreprise.
  • Perdre des concours de création d’entreprise et de pas rentrer dans les cases classiques des demandes de subvention
  • Avoir l’impression que tous les autres créent des choses meilleures que moi. Maudite confiance en soi!
  • Sous-estimer la valeur de mon travail et ne pas charger assez cher pour les premiers contrats
  • Se faire dire que les bouquets sont trop chers et que c’est facile de créer un bouquet
  • Réaliser que le voisin a rasé tout le champ sauvage de Queen Anne’s Lace la veille d’un mariage alors que je comptais mettre cette fleur en vedette

La force de l’entrepreneuriat

Un petit mot pour finir au sujet de la plus grande tristesse de mon été : perdre mon petit chiot de 6 mois lors du weekend de la fête du Canada

Pendant cette épreuve, je me suis rendu compte de la force de l’entrepreneuriat.

Il fallait que je continue. Que je me lève le matin pour faire vivre Alex à la campagne. Parce que sinon tout s’arrêtait. Ça m’a donné la force de me lever le matin et tranquillement, un jour à la fois, tout a repris un peu plus de son sens. Depuis, nous avons adopté un nouveau petit chiot, Billie, qui nous apporte beaucoup de bonheur à son tour.

Bref, pour Alex à la campagne, ce n’est que le début d’une grande aventure. Cette première saison m’a donné le goût de continuer et de toujours aller plus loin. Je vous remercie tellement de votre confiance. Ça vaut tant pour moi.

Vive les fleurs locales. Continuons à vivre dans le respect de la nature, elle est si belle!

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