Le pouvoir des fleurs dans ma vie

Il n’y a pas grand-chose qui me fasse autant de bien que de demeurer des heures, en solitaire, à m’occuper de mon jardin de fleurs. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas. Je me suis longtemps cherchée. Je n’acceptais pas un pan important de ma personnalité : j’aime la solitude et la tranquillité. J’aime vivre lentement.  

Des années de malaise à jouer à quelqu’un d’autre

Toute l’enfance et adolescence, j’ai caché mon désir de solitude grâce à mon amour des livres.  Je passais mes journées à lire sur un banc. On me laissait tranquille; on respectait le pouvoir des romans. Je pratiquais beaucoup de sport aussi. Ça rythmait mes journées sans en avoir besoin de chercher la validation des autres.

Et puis, je suis arrivée à l’université où tout est conçu pour se mélanger : les partys, les jeux, les travaux d’équipes, les associations… Dès qu’il y avait trop de personnes dans une pièce, je perdais tout moyen. Je n’assumais pas mes actes ni mes pensées. Je me trouvais maladroite et différente. Il y avait toujours quelqu’un qui semblait plus drôle, plus intelligent ou plus original que moi. Je n’avais pas le poids pour compétitionner.

L’alcool est devenu magique. Après deux verres, j’étais capable de sortir de ma bulle, de parler à des inconnus et de me faire remarquer dans n’importe quelle situation. Il parait que j’étais un party animal. Je rigolais fort, je dansais au milieu de la pièce et je faisais rire tout le monde.

Mais ce n’était pas vraiment moi. L’alcool me transformait. J’ai vécu tant de soirées dans ma vingtaine dans un nuage de vin ou vodka, jouant le rôle d’une fille si sûre d’elle et si extravertie. Et ça semblait fonctionner. On me réinvitait, on me trouvait intense et divertissante.

C’est épuisant de faire semblant d’être quelqu’un d’autre. J’avais si peur qu’on me dévoile et que les gens cessent de m’aimer en comprenant que j’étais seulement une fille un peu plate dans le quotidien et que j’aurais aimé ralentir. Sans alcool, j’avais toujours l’impression de ne pas dire les bonnes affaires ou de ne pas partager le même humour que les autres. D’être trop intellectuelle ou pas assez. De parler de sujets trop sérieux ou plutôt, de me noyer dans les futilités. De manquer d’insouciance ou au contraire, de maturité.

Évidemment, pendant toute cette période, j’étais constamment mal dans ma peau et perdue.

Assumer son besoin de solitude

Depuis, j’ai vieilli. Les gens de mon âge ont formé des familles et ont commencé à préférer des soirées en couple. Ça m’a permis tranquillement d’assumer mon côté introverti et de devenir en paix avec moi-même. D’arrêter de vouloir me prouver que je pouvais devenir quelqu’un d’autre plus cool et admirable.

Je me suis recentrée; j’ai tenté de comprendre ce qui me faisait du bien, et ce que j’accomplissais uniquement pour faire plaisir aux proches ou pour me conformer à ce que la société suggère comme normalité. Ce n’est pas toujours facile de se détacher, mais je pense que c’est un travail essentiel pour atteindre une certaine satisfaction quotidienne.

Le pouvoir des fleurs dans ma vie

Puis au début de la trentaine, ça a été la révélation. J’ai découvert le pouvoir des fleurs et du jardinage. Elles m’ont aidée à optimiser mon détachement. À ralentir. À me poser.

J’ai toujours eu une attirance particulière pour les fleurs. Mes plus grands bonheurs d’enfance sont assimilés au jardin de ma grand-mère, dans le sud de la France. Un jardin rempli de jasmin, lauriers et bougainvilliers. Ça sentait bon et ça m’émerveillait de toutes les couleurs. Au primaire, mon rêve, c’était de visiter les jardins de Giverny. Mes parents ont fini par m’amener. Un voyage inoubliable malgré la pluie qui ne cessait de tomber. J’avais le rêve de devenir fleuriste. Il a été mis de côté par celui de vivre de ma plume. Je suis devenue rédactrice et j’ai oublié les fleurs pendant quelques années…

Ayant grandi en ville, je n’ai pas tout de suite compris le pouvoir des fleurs. C’est grâce à mon départ à la campagne que j’ai enfin su que j’avais trouvé ma voie.  J’avais commencé tout banalement par un rosier sur le balcon, un hibiscus dans le salon et puis, en arrivant à Magog, j’avais un carré de fleurs dans le jardin. Maintenant, j’ai 1 acre de terrain presque entièrement consacré aux fleurs.

Non seulement les fleurs apportent de la beauté dans une journée et ça, c’est un essentiel pour que je me sente apaisée (j’ai besoin d’être entourée de beau), mais surtout, lorsque je m’en occupe, je m’isole dans une bulle et je ne pense qu’au présent.

Se reconnecter au présent

Les fleurs me calment. J’angoisse beaucoup pour l’avenir; je pense à de nombreuses choses en même temps et j’ai parfois le vertige devant simplement ce que j’ai à accomplir dans la prochaine semaine. Quand je suis devant mes fleurs, je ne songe plus à tout ça. Ce n’est plus important. Le principal est de les aider à grandir en santé. La même sensation existe quand je jardine mes tomates et mes poivrons, mais en moindre intensité. Sûrement, car les fleurs, avec leur fragilité et leur apparence d’inutilité, ont un pouvoir de plus que les légumes.

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Les fleurs me revigorent et me redonnent la force de continuer. Je suis heureuse de partager cette force aux autres et de pouvoir apporter un petit peu de bonheur dans la vie des gens sous la forme d’un bouquet de fleurs colorées. L’été est court au Québec, mais il est si magnifique!

Et vous, qu’est-ce que les fleurs vous apportent au quotidien? Quels sont vos trucs pour réussir à vous recentrer et à calmer vos angoisses?

Alex à la campagne fleurit votre quotidien, vos événements et votre milieu de travail avec des fleurs de son propre champ, dans les Cantons-de-l’Est. Vous voulez en savoir plus? Abonnez-vous dès maintenant à mon infolettre pour être tenu au courant en exclusivité du lancement de la saison des fleurs 2019 et pour recevoir des courriels fleuris de temps en temps! 

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