De rédactrice marketing à fermière-fleuriste

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Depuis quelques semaines, je peux enfin le dire officiellement : je suis une fermière-fleuriste. Mon métier est de jouer avec les fleurs et d’avoir les mains dans la terre. Pourtant, je n’étais pas destinée à ça. J’ai étudié en littérature et en communication.

En sortant de mes 7 ans d’université, je suis devenue rédactrice marketing bien malgré moi. Le marketing avait été le cours que j’avais détesté le plus de mon cursus (bon, peut-être à part Statistiques 101…). Cela fait 10 ans que ma job du lundi au vendredi ne me satisfait pas vraiment. Avec une moyenne de 35 à 40h par semaine et 3 semaines de vacances par année, ça en fait des jours vécus à accomplir quelque chose qui ne me rend pas heureuse.

J’ai toujours cru qu’aller à l’université empêchait ce genre de situation et que grâce aux études, nous avions le luxe de choisir le métier que nous rêvions. Ça n’a pas vraiment été le cas pour moi.

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Par peur. Par manque de courage. Par paresse. Par manque d’envie de faire du réseautage. Par souci financier. Pour toutes ces réponses finalement.

Dix ans plus tard, je prends enfin le courage de me sortir de cette situation et de choisir ce que je veux faire. Peut-être que si la COVID-19 n’était pas passée par là, j’aurais traînouillé encore quelques années, sans m’assumer. À vivre à temps partiel ma passion. Mais finalement, j’ai eu une grande claque dans le dos, et je me suis lancée. On verra bien ce qui s’en vient.

Ça m’a pris du temps à comprendre ce que je n’aimais pas dans mon emploi en marketing. Ça m’a pris encore plus de temps à saisir ce que j’aimerais faire à la place. Le hasard a fait que j’ai rencontré mon amoureux il y a quelques années et qu’ensemble, nous avons fait grandir notre amour du jardinage et de la nature et que nous avons décidé alors de le vivre à fond en déménageant à la campagne. Nous sommes tombés sur un terrain magnifique rempli de vivaces en fleurs. Le coup de foudre était évident. Le point de départ pour mon changement de vie était là.

Ma relation conflictuelle avec l’ordinateur 

Quand j’ai commencé mes études en littérature en 2004, je n’avais pas d’ordinateur personnel et encore moins Internet. Je devais aller au café ou à la bibliothèque pour écrire mes courriels. L’ordinateur servait seulement à ça. En troisième année, j’ai eu mon premier PC que je partageais avec ma sœur. Internet n’était pas illimité. Facebook venait d’apparaître et on tripait sur MSN. À l’université, on écrivait encore nos travaux à la main et on citait des livres. Lors de mon deuxième bac, il y avait un peu plus de monde qui apportait leur MacBook en classe et les profs nous envoyaient les PowerPoint par courriel. Mais on était tellement loin encore de notre relation intense avec les écrans que nous vivons aujourd’hui.

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Pourquoi je raconte tout ça? Parce que quand j’ai décidé que le milieu des communications m’intéressait, jamais je n’aurai cru que ça allait impliquer de travailler à l’ordinateur, 8h par jour ininterrompu. Je n’aurai pas cru non plus que mon métier finirait par être de gérer des pages Facebook et comptes Instagram pour des entreprises. Et que je serais assise du matin au soir non stop, des écouteurs sur les oreilles, sans parler aux autres collègues, ayant leurs écouteurs eux aussi sur la tête.

Je suis là, en train d’écrire mon texte sur l’ordinateur, mais je sais que dans quelques minutes, je vais me lever et m’occuper de mes semis ou créer un bouquet de fleurs du printemps. Ma journée ne se résumera pas à un écran. Les ordinateurs au travail, c’est terrible. Ça tue toute la créativité. J’ai du mal à croire qu’on puisse écrire des choses bonnes devant un ordinateur toute la journée. On finit par faire des pauses. Sur Internet. Et on reste devant l’ordinateur, parce que ça serait mal vu d’aller faire une promenade en pleine matinée. La créativité, ça ne se commande pas. Ça se vit. Ça se crée. Pourtant, on demande aux travailleurs de créer assis, sans bouger de leur écran. On m’a souvent dit au moment de l’embauche que j’allais être libre de mes horaires, mais sur le terrain, ce n’est jamais la réalité. Les employeurs sont frileux de ne pas contrôler le temps de leurs employés de 9h à 17h.

La diversité a une limite

Quand je suis sortie de l’université, j’ai eu peur. De ne jamais trouver d’emploi. De ne pas pouvoir rembourser mes milliers de dollars de dettes. Alors je me suis précipitée sur la première job qu’on m’offrait.

Pourtant, je rêvais juste d’écrire.

Finalement, en 10 ans, je peux dire que j’ai été payée 20% pour écrire. Et 80% pour faire n’importe quoi sauf écrire.

Adjointe. Réviseuse. Animatrice de rencontre (prise de notes). Traductrice. Formatrice. Intégratrice de contenu web. Experte en infolettre. Gestionnaire des médias sociaux. Chef de projet. Chef de produit. Responsable du SEO. Créatrice de visuels. Spécialiste en copier-coller. Et j’en oublie sûrement beaucoup.

Parce qu’on ne pouvait jamais me garder juste pour écrire. Écrire, ce n’est pas rentable. Écrire, c’est un petit bonus. Un truc cute.

C’est sûrement ma faute aussi. Ne pas assez m’assumer. Et puis, j’ai une personnalité de première de classe. Alors quand je fais quelque chose, faut que je sois la meilleure. Les gens s’imaginent après que j’aime ça.

L’erreur de croire que je pouvais écrire sur n’importe quoi

Finalement, ma dernière erreur, c’est d’avoir cru que j’allais être heureuse d’être payée pour écrire. Rédiger un contenu pour un site web, ce n’est vraiment pas aussi satisfaisant qu’écrire un article. Et écrire des procédures encore moins. J’en ai écrit des choses plates! Le marketing, ça ne met pas en valeur une belle plume. Il faut s’en tenir à des codes que les gens comprennent. Il faut réutiliser les mêmes mots. Il faut garder des tournures simples. Il faut vendre à tout prix.

Le courage de rêver à mieux

Je ne peux pas dire que la voie que j’ai choisie est facile. C’est stressant de ne pas recevoir une paye régulière. On doit être très polyvalent pour réussir en entrepreneuriat. On le voit avec la crise de la COVID-19 alors que tous les mariages ont été annulés et qu’il a fallu trouver une autre manière de vendre des fleurs. Cette incertitude n’est vraiment pas faite pour tout le monde. Et puis, c’est très dur pour le corps surtout au printemps et à l’automne, quand on doit bêcher, pousser des brouettes de compost en pente et planter des centaines de semis en rangées. Par contre, je me sens tellement plus utile. J’ai l’impression que je fais quelque chose qui a du sens et qui aide la planète. Quand je livre mes fleurs et que les personnes s’en émerveillent, ça me fait chaud au cœur. Je me dis que je mets un peu de beauté dans ce monde gris. Je suis au tout début de mon aventure, alors je ne peux pas me proclamer comme un modèle. Loin de là. J’ai tant à apprendre. Mais je voulais raconter mon cheminement et mon rêve de créer quelque chose de beau.

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