La fin d’Alex à la campagne

Chers clients, anciens clients et abonnés, vous qui avez cru en la beauté des fleurs écoresponsables et en Alex à la campagne depuis plusieurs années, j’ai voulu vous écrire un mot détaillé pour vous annoncer, mais surtout vous expliquer la fin de mon atelier floral.

Cela fait 7 ans que mon entreprise existe. C’est fou comment le temps passe vite! Tant de choses se sont passées depuis ces premières photos qui allaient lancer mon idée folle sur Internet. Il y a eu les premiers marchés de Georgeville, les abonnements floraux, la folie Instagram, les tout premiers mariages intimidants, la bourse d’honneur du gouvernement qui m’a donné le courage de me lancer à temps plein dans l’aventure, la fameuse pandémie qui a tout ralenti, la subvention de la MAPAQ qui m’a permis d’installer une serre et me croire plus fermière, les premiers employés, les dizaines de mariages toujours plus grandioses, les fleurs de plus en plus d’exception…
Et puis, surtout, il y a eu un petit semis bien spécial pour moi, mon fils, Tom, qui est arrivé en 2023. Et la vie n’a plus jamais été pareille…

J’admire beaucoup les entrepreneures qui se lancent en affaire avec des enfants, mais pour moi, il y a eu plusieurs motifs qui m’ont démontré l’incompatibilité entre mon entreprise et mon nouveau rôle de maman. J’ai laissé trainer pendant plusieurs semaines, sans me résoudre à annoncer officiellement la fin de mon aventure. Ça a été une TRÈS longue prise de décision, j’ai réfléchi pendant plus d’un an. Le modèles d’Alex à la campagne fonctionnait très bien et était rentable chaque année.
Cependant, si je devais résumer la fin en 3 raisons, les voici :
- La pénurie de garderies. C’est vraiment l’aspect qui a le plus durement touché mon entreprise. Nous avons enfin eu une place dans une garderie familiale lorsque Tom a eu 17 mois. Mais on peut dire que c’était déjà trop tard, j’ai brûlé ma fibre entrepreneuriale à m’occuper d’un bébé à temps plein tout en fleurissant des dizaines de mariages pendant les deux premiers étés de sa vie. Avec du recul, je vois cette période comme une chance inouïe d’avoir passé autant de temps avec mon enfant. Mais il reste que ça a été une période très stressante, et je n’ai jamais réussi à retrouver ma flamme.
- Le désir de profiter de mes étés avec mon enfant. Depuis 2018, je n’ai pas eu plus de 3 jours consécutifs de vacances entre avril et octobre. Bien sûr, j’arrivais à me reposer l’hiver et c’était un rythme qui me convenait parfaitement avant. Hiberner pendant une bonne partie de la saison froide était un gros luxe pour moi. Maintenant, j’ai envie de profiter le plus possible de mon enfant pendant l’été, vu que justement, c’est ma saison préférée. Je me voyais mal rater tous les samedis avec les mariages et n’avoir jamais le temps de faire des activités avec lui pendant ses vacances.
- La balance entre mes valeurs et la croissance d’entreprise. Mon désir de changer ne tourne pas juste autour de mon petit Tom. J’ai vécu plusieurs déceptions dans les dernières années en regard de mes valeurs écoresponsables. Alex à la campagne n’existe qu’à travers mes engagements pour le respect de la nature. Je n’ai aucun intérêt d’être fleuriste si c’est pour ne pas pouvoir aller au bout de mes idéaux écologiques. Et dans le milieu de l’événementiel, j’ai trouvé ça très difficile de continuer à croître tout en gardant mes valeurs. J’ai eu à me battre contre Pinterest et les attentes pour des arrangements floraux grandioses en plein soleil ou sans possibilité d’ajouter de l’eau. Pour les clients, c’est invisible le fait qu’on soit 60% écoresponsable ou 100%. Et on dirait que plus mon entreprise grandissait, plus il fallait que je fleurisse des mariages d’envergure et moins ceux-ci s’alignaient avec la possibilité de rester réellement écologique.
Évidemment, j’ai eu des dizaines de clients en OR qui m’ont touché par leur confiance et leur rêve d’un mariage plus naturel. MERCI!!!! Je mets juste 4 mariages en exemple ci-dessous, mais il y en a eu tellement PLUS! Merci vraiment à tous ceux qui m’ont fait confiance pour fleurir leur amour.




Bref, je ne veux pas me montrer défaitiste. Ce n’est vraiment pas mon but, on a tellement évolué au Québec depuis 2018. Je trouve ça MAGIQUE toutes les fermes florales qui se sont lancées dans les dernières années, tous les fleuristes qui tentent d’améliorer leurs pratiques et tous les clients qui réclament des fleurs locales. Merci d’y croire et de vous battre pour un monde meilleur. On dirait que moi, j’en voulais trop sans avoir la force pour me battre pour.
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Ma vie continuera d’être fleurie bien sûr. Mais ça sera pour mon propre plaisir et celui de mes proches. J’ai aussi la volonté de transformer le champ où je cultivais les annuelles en un espace de fleurs indigènes attirant les pollinisateurs. Et je veux plus travailler sur mon jardin de vivaces, comme vous voyez sur ma photo au début de mon article. J’aimerais d’ailleurs continuer à partager la beauté des fleurs sur mon Instagram Alex à la campagne.
Je me concentre aussi sur la culture de légumes et petits fruits. À la base, notre projet de vivre à la campagne était associé à un désir d’autosuffisance. Par manque de temps l’été, je donnais le strict minimum. Cette année, j’ai repris goût et Tom m’aide beaucoup à semer, arroser, récolter et surtout manger les légumes et les fruits. 😊
Pour ceux qui ne le savaient pas encore, j’ai la chance de me réorienter vers un emploi pour lequel j’étais déjà qualifiée : l’enseignement du français. Le volet formations de mon entreprise était une véritable passion pour moi et j’adore transmettre des connaissances. Cette fois-ci, ça sera auprès des adolescents que je le ferai! Pour me spécialiser, j’ai commencé il y a un an une maîtrise en enseignement au secondaire à l’Université Sherbrooke.
Merci x 10000 à tous d’avoir été présents pour mes fleurs et moi. Je n’en reviens pas de tout ce que j’ai vécu dans les dernières années et c’est grâce à vous! Bonne fin d’été et à bientôt, peut-être!
Alexandra

