Mon rêve d’un grand jardin au naturel

canard permaculture jardin magog

Je dis souvent que j’ai une micro ferme florale. Pour simplifier la compréhension de mon travail, je m’associe aux fermières, surtout que je cultive mes fleurs pour les vendre et non les admirer, ce qui est une différence fondamentale entre une jardinière et une fermière. En réalité, jusqu’à présent, je cultivais mes fleurs dans un très grand jardin basé sur les concepts de permaculture.

La plupart des cultures au Québec sont pensées comme des monocultures. Les fermes cultivent une sorte de légume ou de fleur. Pensez aux champs de soja ou de maïs à perte de vue.  Parfois, les fermiers choisissent deux ou trois légumes pour varier, mais le principe est le même. On les cultive à grande échelle sans rien d’autre. C’est moins compliqué et on peut vite devenir spécialiste. On connaît son produit. On achète des outils spécifiques pour celui-ci. On se fait remarquer dans les marchés.

La nature n’a pas été pensée comme ça. Dans la nature, on voit plein d’espèces mélangées, plein d’animaux, c’est la diversité.

J’ai décidé de construire mon jardin en recréant cette diversité. Tous les éléments sont importants, et pas juste les fleurs! 

Dans mon jardin, je mélange légumes, arbres fruitiers et fleurs. Ils s’entraident tous. J’ai des rangées de fleurs au centre de mon potager. On sait tous que les fleurs attirent les pollinisateurs. De plus, je peux alterner légumes et fleurs selon les années et la terre peut se reposer.

jardin permaculture magog

J’ai également un étang qui attire les grenouilles qui mangent aussi les insectes nuisibles. Les canards coureurs indiens se rafraichissent dans l’étang. Ils représentent pour moi l’arme numéro 1 contre les insectes qui mangent les feuilles de mes plantes. Tout l’été, ils travaillent comme des forcenés, à se nourrir des limaces, vers blancs et scarabées japonais.  

jardin secret magog

Dans les monocultures, on finit par devoir utiliser des produits chimiques, car les barrières naturelles ont été cassées. Les insectes n’ont plus de prédateurs naturels. C’est comme un buffet tout inclus! En mettant des produits chimiques, on règle plus rapidement le problème, mais on n’aide à rien sur le long terme. On est coincé dans une spirale coûteuse qui nous pousse à toujours acheter plus de produits chimiques.

Dans mon jardin, il y a plusieurs arbres qui m’enlèvent du soleil et des espaces de culture. Je les garde, car, entre autres, ils attirent les oiseaux. Les oiseaux mangent les insectes nuisibles et de façon générale, mettent de la vie dans un jardin. Finalement, je me suis rendu compte l’année dernière que les arbres donnaient un peu de répit de chaleur à certaines plantes qui ne supporteraient pas la canicule en plein champ. De plus, ces arbres nous abritent du vent. C’est incroyable la différence que ça fait lors des orages violents!

Il y a aussi un petit boisé au fond qu’on laisse à l’état naturel. Il nous protège du vent et il abrite au printemps un tapis de muguet et de myosotis. J’y cueille des fougères et du feuillage naturel en tout temps. Les poules adorent s’y cacher et chercher dans les feuilles mortes les vers.

poules jardin magog

Je laisse les fleurs sauvages pousser au gré du vent. Je ne me bats pas contre leur liberté. Ça fait parfois un peu fouilli, mais ça m’amuse tellement de découvrir de nouvelles fleurs à des endroits inusités chaque année. Les oiseaux font voyager les semences d’un bout à l’autre du jardin, on a même déjà trouvé un tournesol qui avait poussé dans notre allée d’auto!

Laisser le jardin vivre au naturel implique quand même beaucoup de travail! D’abord, parce que je cultive en majorité des annuelles, donc je recommence chaque année! Ensuite, donner un élan naturel au jardin, mais d’une façon esthétique n’est pas si simple! Finalement, je travaille chaque année à planter de nouvelles vivaces, changer les couleurs que j’aime moins et diviser celles qui ont vieilli. Et puis, les arbres font chuter des milliers de feuilles chaque automne, l’étang doit être nettoyé, les arbustes doivent être taillés… C’est un long processus, il y a encore beaucoup de choses que je veux planter. J’aimerais qu’il reste le moins possible de gazon. Mais l’effort vaut tellement la peine!

fleurs sauvages quebec magog

Cette façon de faire ne fonctionne peut-être pas pour tous. J’ai dû mettre de côté un peu de rentabilité. Si je n’avais que de fleurs dans cet espace, je pourrais en faire pousser tellement plus! Certains ne peuvent pas se permettre de mettre de côté les profits. J’ai la chance de pouvoir garder ce jardin en biodiversité et de m’étendre un peu dans le champ en arrière de ma clôture. Ça sera ma première expérience de culture en plein soleil, hors de mon cocon en permaculture.

champ de fleurs magog
Le futur champ de fleurs

Cependant, ce champ est encadré d’arbres tout autour. Cela fait déjà une très grande différence par rapport aux champs de fermes classiques qui n’ont pas de bordures. De plus, une grande partie de ce champ sera laissé à l’état sauvage avec fleurs et graminées sauvages. Je vous tiendrai au courant des suites de l’aventure!

Vous désirez vous abonner à mes fleurs en 2021? Alex à la campagne, c’est une petite production de fleurs  uniques. Je cultive en priorité pour les événements. Je vends des fleurs en dehors des mariages pour seulement certaines occasions et elles se vendent très vite. Cependant, tout au long de la saison, je garde toujours une belle partie de mes récoltes pour les abonnements! En savoir plus.

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